Portrait de deux agents avec le maillot officiel de l'équipe de France de police municipale de Rugby

Nicolas RICARD et Julien GIBERT

Tout commence par une passion et l’envie de la partager avec ses collègues.

À 32 ans, Nicolas Ricard, brigadier à la Police Municipale de Marseille, pratique le rugby depuis l’enfance. Avant d’intégrer la Police Municipale il y a trois ans, il était marin-pompier. Le sport a toujours structuré sa vie.

« Le rugby, c’est bien plus qu’un loisir pour moi. C’est une école de la vie. Il m’a appris la rigueur, la solidarité, le respect. »

En arrivant à la Police Municipale, il réalise qu’aucune structure de rugby à XV n’existe au niveau national. Seul le rugby à XIII est représenté.

« Je me suis dit : ce n’est pas possible que ça n’existe pas. Il y a forcément des policiers municipaux passionnés partout en France. Il fallait créer ce cadre. »

Ce constat va donner naissance à un projet d’envergure nationale.

Une initiative née à Marseille

Tout commence à Marseille, avec Julien Gibert, brigadier-chef principal à la Police Municipale et ancien joueur de haut niveau. Nicolas le connaît depuis toujours : Julien évoluait déjà à haut niveau lorsqu’il était enfant.

« Je savais qu’il connaissait le sujet. Si on voulait faire quelque chose de sérieux, il fallait s’entourer de compétences solides. »

Ils s’associent rapidement à Moussa Chabouni, président du comité des Bouches-du-Rhône de rugby, qui a vu Nicolas débuter dans son club lorsqu’il était enfant. Pour être officiellement reconnus, ils montent un dossier auprès de la Ligue Sud. L’équipe obtient sa reconnaissance fédérale et peut désormais participer à des compétitions officielles sous l’égide de la Fédération Française de Rugby.

« On a commencé à trois. Puis cinq. Puis dix. Aujourd’hui, la section loisir rassemble entre 20 et 30 joueurs et participe à des tournois. »

Mais très vite, Nicolas voit plus loin.
« Je rêvais d’une sélection nationale à XV. Pas juste marseillaise. Nationale. »

53 licenciés, deux équipes, une ambition nationale

Aujourd’hui, l’association compte 53 licenciés et s’articule autour de deux pôles :

  • Une section loisir/interrégionale avec plaquages adaptés et règles aménagées pour garantir la sécurité.
  • Une section à XV, véritable vivier de sélection nationale.

Près de 50 joueurs issus de plusieurs régions françaises ont déjà participé aux rassemblements à XV. L’objectif est d’élargir ce groupe à 80, voire 100 joueurs, afin d’organiser des journées de sélection avant chaque match et retenir les 25 meilleurs.

« Un maillot national, ça se mérite. On veut de l’exigence sportive. »

Tous les joueurs évoluent en club en compétition. Les entraînements prennent la forme de stages intensifs de deux jours, encadrés par un staff expérimenté composé notamment de Guillaume Alsina (UC Thuir, Fédérale 2), Julien Gibert (Espoir Berre-l’étang, Fédérale 1), Pierre Fernandez (Régionale 1) et Nicola Martinez (Port-la-Nouvelle, Fédérale 3). Tous partagent une histoire commune, faite d’amitiés et de rugby.

La logistique, elle, demande un véritable engagement institutionnel : chaque joueur doit obtenir un détachement validé par son élu local.

« Plus on gagnera en popularité et en crédibilité, plus ce sera simple pour les maires d’accompagner le projet. »

L’ambition est claire : structurer à terme une véritable sélection nationale capable de participer à des tournois d’envergure.

Le rugby comme vecteur de cohésion entre agents

Pour Nicolas, le lien entre rugby et Police Municipale est évident.

« Les valeurs sont les mêmes que dans les métiers de la sécurité : solidarité, combativité, esprit d’équipe. Sur un terrain comme durant un match, on ne travaille jamais seul. »

« Représenter la Police Municipale dans le cadre sportif, c’est une fierté immense. On joue pour nos collègues, pour nos villes, pour le public »

Le projet crée un lien inédit. Des agents qui ne se seraient jamais rencontrés se retrouvent autour d’un même maillot, d’un même engagement.

« En 48 heures, on a vu naître un esprit d’équipe entre des joueurs venus de toute la France qui ne se connaissaient pas. C’est fort. »

Un premier match fondateur

Le premier match amical a marqué un tournant le 6 février au stade Roger-Couderc. Plus de 35 joueurs venus de régions différentes se retrouvent pour un stage de 48 heures avant d’affronter les Hospitaliers de Toulon, une équipe expérimentée et habituée aux victoires.

« C’était un énorme défi. Ils jouent ensemble depuis longtemps, ils ont gagné presque tous leurs derniers matchs. »

Résultat : 15–15.

« On a relevé le défi. Et surtout, le maillot a pris immédiatement. »

À la fin du match, les joueurs se rassemblent en cercle.

« On s’est regardés… et on avait les larmes aux yeux. On venait de vivre quelque chose de collectif, quelque chose qui nous dépassait. »

Une dynamique nationale en pleine accélération et une ambition européenne

L’engouement dépasse les attentes initiales.

En 72 heures après le premier match, l’équipe reçoit une vingtaine de nouvelles candidatures. De nombreux messages émanent également de femmes policières municipales demandant la création d’une section féminine.

« On va créer une section féminine et, à terme, une sélection nationale féminine. C’est une évidence. »

Des discussions sont engagées avec plusieurs pays européens pour disputer des matchs entre équipes Nationales de Polices Municipales.

À plus long terme, une coupe du monde interpolice est annoncée d’ici deux à trois ans.

Le soutien de Logitud : un partenaire engagé au cœur du projet

Dans cette montée en puissance, le soutien de Logitud s’est imposé comme une évidence.

« J’ai entendu parler de Logitud à de nombreuses reprises. Les retours étaient toujours très positifs. Mes confrères sont particulièrement satisfaits de leur expertise et de leur accompagnement. Quand ils sont venus vers nous, le feeling est tout de suite passé. »

Pour Nicolas, ce type de partenariat est essentiel.

« Pour faire grandir une équipe nationale, il faut des partenaires solides. C’est cohérent : Logitud est présent aux côtés des polices municipales partout en France. »

Au-delà de la visibilité sur les maillots, c’est une proximité terrain et un engagement concret aux côtés des agents qui donnent tout son sens à ce partenariat.

Et demain ?

Dans trois ans, Nicolas voit grand.

Une sélection masculine structurée.
Une sélection féminine installée.
Des rencontres européennes régulières.
Peut-être une participation à une coupe du monde interpolice.

Mais au-delà des ambitions sportives, il résume le projet en trois mots:

« Fierté. Cohésion. Représentation. »

L’Équipe de France de Rugby des Polices Municipales n’est plus une idée.
C’est un mouvement national en construction, porté par des agents de terrain, soutenu par des partenaires engagés, et animé par une conviction simple : lorsqu’on joue ensemble, on grandit ensemble.